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  • Primeurs 2025 : comment j’ai construit ma cave avec 1 000 € et une méthode ratio prix/note

    Primeurs 2025 : comment j’ai construit ma cave avec 1 000 € et une méthode ratio prix/note

    Récit d’une campagne Primeurs 2025 très intéressante, de la première sortie au dernier arbitrage. Et ma sélection finale, appellation par appellation.

    Chaque printemps, la place de Bordeaux joue sa partition : les châteaux dévoilent tour à tour leurs prix, la presse spécialisée publie ses notes, et l’amateur doit décider où placer son budget avant que les meilleures affaires ne partent. Avec plus de 10 campagnes de Primeurs d’expérience, cette année, je me suis fixé une règle simple : un budget de 1000 € TTC, et une méthode pour trancher sans me laisser griser par les étiquettes prestigieuses.

    Voici le cheminement, sans filtre, et la cave 2025 qui en est sortie.

    La méthode : un ratio pour objectiver l’émotion

    Acheter en primeur, c’est parier (et payer) aujourd’hui sur un vin qu’on ne boira que dans plusieurs années, sur la foi de dégustations de barriques encore en élevage. Le risque de se laisser emporter par un grand nom est réel. Pour garder la tête froide, j’ai appliqué à chaque sortie un ratio prix/note :

    Ratio = note moyenne des dégustateurs ÷ prix HT × 100

    Plus le chiffre est élevé, meilleur est le rapport entre la qualité annoncée et le prix demandé. Un vin noté 95 à 20 € HT (ratio 475) offre, sur le papier, un bien meilleur retour qu’un vin noté 98 à 100 € HT (ratio 98). Cela ne veut pas dire que le second est un mauvais achat (la rareté et le potentiel de garde ont leur valeur) mais le ratio met tout le monde sur la même ligne de départ et fait ressortir les pépites qu’on aurait tendance à négliger.

    Pour affiner cette méthodologie et modéliser mes scénarios de budget au fil des sorties, je me suis appuyé sur mon fidèle partenaire Claude, l’assistant IA d’Anthropic, un binôme précieux pour croiser les chiffres et m’aider à arbitrer les achats.

    Le déroulé de la campagne

    Première moitié : poser les fondations

    Les premières sorties ont vite fait apparaître quelques évidences. Château Poujeaux (Moulis-en-Médoc), à 18 € HT pour une note de 93-95, s’est imposé comme le meilleur ratio de toute la campagne. Un Moulis d’une régularité exemplaire, salué par James Suckling, Alexandre Ma et Vinous. Impossible de passer à côté.

    Dans le même mouvement, Château de Ferrand (Saint-Émilion Grand Cru) est sorti à 27,30 € HT avec des notes de 95-96 chez Alexandre Ma et Decanter. Un grand cru classé à prix contenu, dans un millésime où la rive droite brille sur les plateaux calcaires.

    J’ai complété cette première vague avec deux crus classés à la structure plus fine : Château Malartic-Lagravière (Pessac-Léognan) et Château du Tertre (Margaux, 96-97 chez Suckling), pour apporter de l’élégance et diversifier les terroirs.

    Seconde moitié : arbitrer et boucler

    À mi-parcours, j’avais déjà engagé une bonne moitié du budget. Restait à choisir les dernières pièces. Deux vins me faisaient de l’œil pour compléter :

    Château Gruaud-Larose (Saint-Julien, 2ème Grand Cru Classé), noté 96-98 par Alexandre Ma. Un achat plaisir autant qu’un vin de garde — et le château propose la gravure d’un mot personnalisé sur les grands formats, un joli clin d’œil pour une bouteille anniversaire.

    Château Moulin Saint-Georges (Saint-Émilion Grand Cru), à 23 € HT pour 95-96 chez Suckling. C’est le coup de cœur de la campagne : propriété de la famille Vauthier (Château Ausone) située sur les versants nord-ouest juste en face du mythique Premier Grand Cru. Terre de Vins en donne une description qui résume parfaitement son intérêt : un vin « soyeux, précis, taillé pour la garde », à ouvrir à partir de 2029. Ratio remarquable et filiation prestigieuse : difficile de résister.

    Le dernier arbitrage s’est joué entre ces deux-là et deux autres pépites repérées en fin de campagne : Clos de l’Oratoire et Château Haut-Bages Libéral. Le budget ne permettait pas tout : les trois cumulés dépassaient les 400 € restants d’une centaine d’euros. J’ai finalement tranché en faveur de Haut-Bages Libéral (Pauillac, 5ème Grand Cru Classé, 96-97 chez Suckling et Decanter à seulement 30 € HT), la vraie trouvaille de la campagne à ce niveau de prix, en écartant Clos de l’Oratoire pour éviter un doublon d’appellation avec Moulin Saint-Georges.

    Le tableau des meilleurs ratios prix/note

    Voici, classés par ratio décroissant, les vins qui ont structuré ma réflexion. Les ⭐ marquent ceux que j’ai finalement achetés.

    ChâteauAppellationNotePrix HTRatioAchat
    Château PotensacMédoc94-9517,60 €537
    Château PoujeauxMoulis-en-Médoc93-9518,00 €522
    Château Les Ormes de PezSaint-Estèphe94-9519,60 €482
    Château FombraugeSaint-Émilion GC93-9420,65 €453
    Château La Tour-CarnetHaut-Médoc 5e GCC94-9521,20 €446
    Château MeyneySaint-Estèphe94-9522,40 €422
    Château Moulin Saint-GeorgesSaint-Émilion GC95-9623,00 €415
    Château Chasse-SpleenMoulis-en-Médoc93-9422,90 €408
    Château PédesclauxSaint-Estèphe 5e GCC95-9625,20 €379
    Château Prieuré-LichineMargaux 4e GCC95-9625,20 €379
    Château de FerrandSaint-Émilion GC95-9627,30 €355
    Château Haut-Bages LibéralPauillac 5e GCC96-9730,00 €322
    Château Malartic-LagravièrePessac-Léognan CC95-9632,25 €296
    Château du TertreMargaux 5e GCC96-9733,00 €292
    Château Gruaud-LaroseSaint-Julien 2e GCC96-9850,40 €193
    Notes = moyenne des fourchettes des principaux dégustateurs (James Suckling, Alexandre Ma, Decanter, Vinous, Jean-Marc Quarin selon disponibilité). Le ratio favorise mécaniquement les vins abordables : un Gruaud-Larose à 193 reste un choix pleinement assumé, motivé par le prestige et la garde plutôt que par le seul rapport qualité/prix.

    Pour retrouver l’intégralité des notes de la campagne Primeurs 2025 à Bordeaux, je vous renvoie au dossier de référence de Terre de Vins. Nous n’avons pas repris leurs notes dans notre tableau, mais leur travail de dégustation reste une des boussoles possibles pour affiner ses propres choix.

    La cave 2025 : le résultat final

    31 bouteilles, 943,66 € TTC, sept appellations représentées.

    ChâteauAppellationFormatBouteilles
    Château de FerrandSaint-Émilion Grand CruCB66
    Château Moulin Saint-GeorgesSaint-Émilion Grand CruCB66
    Château PoujeauxMoulis-en-MédocCB33
    Château du TertreMargaux 5e GCCCB33
    Château Malartic-LagravièrePessac-Léognan Cru ClasséCB33
    Château Haut-Bages LibéralPauillac 5e GCCCB33
    Château Gruaud-LaroseSaint-Julien 2e GCC1 btle1
    Vieux Château Saint-AndréMontagne-Saint-ÉmilionCarton6

    Le résultat me satisfait avec des vins que je goûte et que j’adore depuis longtemps : deux Saint-Émilion de caractère dont un Vauthier, un Pauillac d’exception, un Pessac-Léognan et un Margaux classés, une bouteille de prestige avec Gruaud-Larose, et un vin convivial (et un peu secret : Vieux Château Saint-André) pour les tablées du quotidien. Le tout en restant sous le budget, avec une cohérence de terroirs et un ratio moyen élevé.

    Les regrets (assumés)

    Aucune campagne ne se boucle sans laisser quelques belles étiquettes sur le carreau. Trois noms me restent en tête pour l’an prochain :

    • Château Potensac (Médoc, 17,60 € HT) — le meilleur ratio de tout le catalogue, un Médoc d’une régularité qui force le respect.
    • Château Les Ormes de Pez (Saint-Estèphe, 19,60 € HT) — dans la galaxie Lynch-Bages, une fiabilité exemplaire à prix doux.
    • Château Meyney (Saint-Estèphe, 22,40 € HT) — souvent la meilleure affaire de son appellation.

    Et bien sûr, tout le haut du panier restait hors de mon budget cette année : Beauséjour-Bécot, Figeac, La Conseillante, Vieux Château Certan, Margaux, Haut-Brion, Pétrus… Ce sera pour une autre campagne, ou une autre vie.

    En résumé

    La méthode ratio prix/note n’a rien de magique : elle ne remplace ni le palais ni l’expérience. Mais elle offre un garde-fou précieux dans le tourbillon des primeurs, où l’émotion et la peur de manquer poussent facilement à la faute. En 2025, elle m’a permis de construire une cave cohérente, diversifiée et raisonnée, sans dépasser l’enveloppe fixée.

    À vos calculatrices pour la prochaine campagne.

    Précision : cet article reflète mes choix personnels d’amateur et ne constitue pas un conseil en investissement. Les notes citées sont issues des principaux dégustateurs professionnels ; pour le détail complet, consultez le dossier de Terre de Vins lié plus haut.

  • DUAD, et si c’était pour vous ?

    DUAD, et si c’était pour vous ?

    🍇 Vous souhaitez approfondir votre expertise en dégustation et mieux comprendre l’origine des qualités sensorielles des vins ? C’est peut-être le moment de rejoindre le Diplôme Universitaire d’Aptitude à la Dégustation de l’ISVV – Université de Bordeaux.

    La deuxième session de dépôt des candidatures au DUAD est ouverte !  

    Sous la direction pédagogique du professeur Axel Marchal, cette formation s’adresse aux professionnels de la filière vitivinicole (producteurs, maîtres de chai, sommeliers, responsables commerciaux…) ainsi qu’aux personnes en reconversion souhaitant développer une expertise reconnue.

    C’est précisément la formation que j’ai moi-même suivi en 2017-2018, qui a donné ensuite naissance à notre club d’œnologie. Par la suite, deux abonnés du club se sont engagés dans ce très beau parcours : Jérôme Duvivier (RRW 2022, DUAD promo 2023) et Damiens Bourdais (RRW 2024, futur diplômé promo 2026🤞)

    Programme de formation du DUAD

    La formation est exigeante et difficile. On ne s’improvise pas expert de la dégustation de vin, il faut travailler dur pour le devenir ! C’est un point à prendre clairement en compte au moment de l’inscription. Il ne s’agit pas que de présentiel en cours, il faut travailler (fort) à côté.

    Ceci étant dit, la formation peut être adapté à votre rythme. Ca n’existait pas à mon époque et ça peut constituer une solution pour les personnes en activité professionnelle. En effetn le DUAD est organisé en 4 cycles pouvant être suivis : 

    •  en formation continue sur une année (de novembre à juin). Le format est de deux demi-journées de cours par semaine – lundi matin et vendredi après-midi. 
    • ou progressivement, cycle par cycle, selon vos contraintes professionnelles, personnelles ou budgétaires.

    Au programme

    • Cycle 1 : Percevoir les caractéristiques sensorielles d’un vin et les exprimer avec un vocabulaire adapté
    • Cycle 2 : Reconnaître les conséquences des processus fermentaires sur les qualités organoleptiques d’un vin
    • Cycle 3 : Relier les caractéristiques sensorielles d’un vin à son mode d’élaboration
    • Cycle 4 : Reconnaître et exprimer les facteurs construisant la typicité d’un vin

    Toutes les informations pour s’inscrire au DUAD

    Candidatez dès maintenant depuis la page dédiée au DUAD du site web de l’ISVV

    Pour toute question concernant le déroulement de la formation ou les modalités de financement : isvv.fc@u-bordeaux.fr, 05 57 57 58 15.

    Ceci n’est pas un post sponsorisé – mais si vous me désignez comme parrain, je gagne une petite réduction sur mon abonnement au club d’œnologie du DUAD’s Club (réservé aux diplômés du DUAD). Et pour vous, votre première adhésion au club sera offerte ! Donc signalez-vous 😉

  • Juin 26 : Jury de dégustation, domaines Mourgues

    Juin 26 : Jury de dégustation, domaines Mourgues

    Dernière dégustation de la saison et le traditionnel exercice de Jury se sont tenus en ce jeudi 11 juin. Le groupe allait-il médailler, à l’aveugle, les 2 vins haut de gamme de la propriété ? Débrief.

    La réponse est… oui ! Au menu de cette dégustation thématique toujours très attendue : 12 vins rouges dégustés à l’aveugle. Onze Bordeaux (et vin de France) des vignobles familiaux Mourgues et un piège : un vin de l’Hérault avec un long élevage bois pour semer le trouble.

    L’objectif principal est de mieux appréhender l’exercice particulier de la dégustation de Jury et d’être capable d’analyser, comparer et juger une série de douze vins en une trentaine de minutes. Les quêtes annexes : retrouver le vin intrus de la dégustation et identifier, parmi cette série de vins à 5 € en moyenne, les 3 vins les plus chers : 29 € pour le vin de l’Hérault, 35 € et 55 € pour les séries très limitées « Les Charmes » et « Les Calcaires » de la Closerie Vitis Arbor, l’expression haut de gamme de la famille Mourgues.

    Au final, au terme des dégustations individuelles, le consensus a permis de médailler 4 vins : Les Calcaires 2023, Les Charmes 2023, Château Talmont 2025 et Château Bel Air 2021. Une dégustation qui a montré que les vignerons bordelais pouvaient présenter des vins remarquables, bien faits à des tarifs très abordables. Bravo !

    La galerie photos

    Les précédents Jury du club

  • Avril 26: sauvignon blanc du monde

    Avril 26: sauvignon blanc du monde

    Sous des températures estivales, cette dégustation du mois d’avril a eu ce côté rafraîchissant que peut nous offrir le sauvignon blanc. Ce cépage si expressif a su nous séduire et nous surprendre dans le tour du monde des expressions aromatiques.

    Le sauvignon-blanc est un cépage très lisible mais ultra influencé par le terroir – ainsi que le climat et l’élevage. L’objectif de la dégustation était d’identifier des potentielles oppositions entre le terroir minéral de Loire (Sancerre, Mégalithe) et le sauvignon blanc très aromatique de Nouvelle-Zélande ou encore la texture grasse offerte par le bois en Pessac-Léognan.

    🍷 1. Mégalithe Sancerre 2017

    🏰 Histoire

    La cuvée Mégalithe provient de la maison La Perrière, spécialisée dans les terroirs calcaires de Sancerre. Elle met en avant une lecture géologique du Sauvignon Blanc.

    🍋 Description

    Vin très typé Loire, sur la tension et la minéralité. Expression classique et précise du cépage.

    🔍 Analyse sensorielle

    • Visuel : robe pâle, reflets verts
    • Nez : citron, pierre à fusil, buis léger
    • Bouche : vive, droite, finale saline

    🧠 Analyse

    • Cépage : agrumes, végétal fin
    • Terroir : calcaire dominant → minéralité
    • Millésime 2017 : frais → tension marquée

    🍽 Accord

    Crottin de Chavignol

    🍷 2. Clos Henri Waimaunga 2021 (Nouvelle-Zélande)

    🏰 Histoire

    Clos Henri est fondé par la famille Bourgeois (Sancerre) en Marlborough. Le domaine applique une approche parcellaire inspirée de la Loire.

    🍋 Description

    Style néo-zélandais mais plus structuré et moins exubérant. Belle précision aromatique.

    🔍 Analyse

    • Visuel : clair, brillant
    • Nez : fruit de la passion, citron vert, herbes
    • Bouche : ample, acidité nette, finale longue

    🧠 Analyse

    • Cépage : thiols explosifs
    • Terroir : argiles + climat océanique → richesse
    • Millésime : équilibré

    🍽 Accord

    Ceviche

    🍷 3. Klein Constantia Sauvignon Blanc 2023

    🏰 Histoire

    Domaine historique sud-africain fondé en 1685. Référence qualitative du Cap.

    🍋 Description

    Style équilibré entre fraîcheur et maturité. Moins exubérant que NZ, plus rond que Loire.

    🔍 Analyse

    • Visuel : jaune pâle
    • Nez : agrumes, pêche blanche, herbes
    • Bouche : ronde, fraîche, finale élégante

    🧠 Analyse

    • Cépage : signature nette mais adoucie
    • Terroir : climat tempéré → équilibre
    • Millésime 2023 : fruit pur

    🍽 Accord

    Poisson grillé

    🍷 4. Tara White Wine n°3 2022 (Chili)

    🏰 Histoire

    Projet du groupe Ventisquero dans le désert d’Atacama. Conditions extrêmes influencées par le Pacifique.

    🍋 Description

    Vin atypique, salin et tendu malgré un climat extrême. Très original dans une dégustation.

    🔍 Analyse

    • Visuel : légèrement trouble possible (faible intervention)
    • Nez : agrumes, sel, notes iodées
    • Bouche : tranchante, saline, longue

    🧠 Analyse

    • Cépage : moins expressif aromatiquement
    • Terroir : dominant (océan + désert)
    • Millésime : concentration élevée

    🍽 Accord

    Huîtres

    🍷 5. Château de Rochemorin 2018 (Pessac-Léognan)

    🏰 Histoire

    Propriété d’André Lurton, grande figure bordelaise. Domaine reconnu pour ses blancs élégants.

    🍋 Description

    Sauvignon bordelais plus ample, parfois légèrement boisé. Style gastronomique.

    🔍 Analyse

    • Visuel : jaune plus soutenu
    • Nez : agrumes mûrs, fleurs, léger toasté
    • Bouche : ronde, équilibrée, finale persistante

    🧠 Analyse

    • Cépage : moins explosif
    • Terroir : graves → structure
    • Millésime 2018 : chaud → richesse

    🍽 Accord

    Volaille à la crème

    🍷 6. Dry Creek Fumé Blanc 2023 (Californie)

    🏰 Histoire

    Dry Creek Vineyard est un pionnier du Sauvignon en Californie. Le terme “Fumé Blanc” a été popularisé pour des styles plus riches.

    🍋 Description

    Version boisée et plus opulente du Sauvignon. Profil très différent des styles européens.

    🔍 Analyse

    • Visuel : doré
    • Nez : vanille, agrumes mûrs, fumé
    • Bouche : ample, boisée, finale douce

    🧠 Analyse

    • Cépage : masqué partiellement
    • Terroir : climat chaud
    • Élevage : clé du style

    Poursuivre votre lecture avec d’autres articles :

  • BYOB de Noël et bonnes vacances!

    BYOB de Noël et bonnes vacances!

    Nous avons terminé l’année en beauté avec une étonnante dégustation de vins blancs « de fête », secs et tranquilles. Retour en photos sur cette très joyeuse soirée.

    Profitons de ce dernier article de 2025 pour souhaiter à toutes les lectrices et tous les lecteurs de ce site d’excellentes fêtes de fin d’année !

  • Décembre 25 : dégustation de fin d’année

    Décembre 25 : dégustation de fin d’année

    Dernière dégustation de l’année 2025 pour les abonné-e-s du club ! Traditionnellement, la dégustation de décembre est l’occasion de sortir quelques beaux flacons de la cave… Retour sur cette belle soirée.

    Ce jeudi 11 décembre, les abonné-e-s du club se sont retrouvés pour partager une soirée de dégustation très attendue. Pas de thème ultra-serré, moins de travail acharné de dégustation, place au plaisir et aux surprises en ces périodes de fêtes !

    Au programme, 6 vins – pour commencer – de haute volée, dans une grande variété de millésimes et trois régions d’origine. Pour être plus précis : 2 Bourgogne, 2 Bordeaux, 2 Rhône sud, à chaque fois en blanc et en rouge. Pour m’aider à déterminer l’ordre de dégustation, j’ai demandé à Vinobot de m’aider et voici son verdict.

    🍇 Blancs

    Pouilly-Fuissé 1er Cru 2022 – Louis Latour

    • Cépage / Appellation / Terroir : 100 % Chardonnay – AOP Pouilly-Fuissé (Mâconnais). Le vignoble s’appuie sur un sol argilo-calcaire.
    • Vinification / Elevage : fermentation traditionnelle en cuve inox, élevage 8–10 mois en cuve inox.
    • Âge / Potentiel : millésime 2022 — vin jeune. Potentiel de garde modéré dans la jeunesse (2 à 3 ans selon le producteur).
    • Place dans l’appellation : Un Pouilly-Fuissé 1er Cru de maison réputée — un blanc du Mâconnais de qualité, typique du Chardonnay bourguignon accessible.
    • Commentaire de dégustation : robe jaune pâle, nez floral (acacia, chèvrefeuille), bouche ronde et ample, dominante de fruits jaunes mûrs, belle fraîcheur. Un vin vif et élégant, idéal pour démarrer la dégustation, simple et direct, offrant un bon équilibre entre vivacité et gourmandise.

    Château La Louvière 2014 – Pessac‑Léognan (Blanc)

    • Cépages / Région : Pessac-Léognan (Bordeaux blanc) — typiquement un assemblage de Sauvignon Blanc + Sémillon (et parfois Muscadelle), comme c’est la norme dans l’appellation.
    • Vinification / Élevage / Style : Vin blanc de Bordeaux — on peut s’attendre à une vinification classique, probablement fermentation en cuve ou barriques, avec une structure plus fine et souvent une tension apportée par le Sauvignon.
    • Âge / Potentiel : 2014 — vin d’environ 11 ans, bien entré dans sa maturité. Il peut présenter une belle complexité, parfois des notes fumées ou pierreuses, selon l’élevage.
    • Place dans l’appellation : Un bon représentant des blancs de Pessac-Léognan — souvent plus subtils et structurés que des vins de plaines, avec un bon équilibre entre fruit, minéralité et parfois bois.
    • Commentaire de dégustation : robe limpide, nez sur des fruits à chair blanche, agrumes mûrs, éventuellement une touche légèrement minérale ou fumée. En bouche, on attend une belle tension, de l’acidité équilibrée, une bonne longueur, peut-être des notes toastées ou de pierre à fusil si boisé. Ce vin fera un bon « pont » entre le Chardonnay vif et la richesse des blancs du Sud, apportant structure et complexité.

    Château Simone 2021 – Palette (Blanc)

    • Cépages / Appellation / Terroir : Assemblage typique de l’appellation Palette (Provence): environ 80 % Clairette, 10 % Grenache Blanc, + Ugni Blanc, Bourboulenc, Muscat (variations selon les années).
    • Vinification / Élevage : vendanges manuelles, pressurage doux, élevage en petits fûts de chêne puis foudres (souvent suivi de plusieurs mois sur lies fines).
    • Âge / Potentiel : 2021 — encore relativement jeune, mais ce vin a un bon potentiel de garde (souvent 10 à 15 ans, voire plus selon le millésime).
    • Place dans l’appellation : C’est souvent considéré comme le « grand blanc » de l’appellation Palette — un des vins les plus réputés en blanc dans la région, d’un très bon rapport qualité/prix.
    • Commentaire de dégustation : robe dorée, nez fin et élégant — notes florales, fruits blancs mûrs, parfois agrumes confits, touches légèrement boisées, pierre à fusil ou miel. En bouche, belle amplitude, toucher onctueux, superbe équilibre entre richesse, texture, fraîcheur et complexité. Vin profond, avec une finale longue et évolutive. Un blanc méditerranéen raffiné — idéal pour conclure la partie blanche de votre séance.

    🍷 Rouges

    Beaune‑Boucherottes 1er Cru 2012 – Louis Jadot (Rouge, Bourgogne)

    • Cépage / Région / Terroir : 100 % Pinot Noir — 1er Cru « Boucherottes », en Côte de Beaune (Bourgogne). (Côte-Bourgogne, avec terroir typiquement argilo-calcaire/pierreux selon climat et parcelle.)
    • Vinification / Élevage : mode classique bourguignon — cuves ou foudres, élevage modéré pour préserver finesse et fruit. (Maison réputée, style élégant.)
    • Âge / Potentiel : 2012 — vin d’environ 13 ans, maturité bien installée. Tanins assouplis, développement d’arômes secondaires.
    • Place dans l’appellation : 1er Cru — un vin de terroir sérieux, avec finesse et expression du Pinot. Typique d’un Bourgogne mûr, élégant mais sans surmaturité.
    • Commentaire de dégustation (attendu) : robe rubis, nez sur cerise, fruits rouges et noirs relativement frais, sous-bois, peut-être légèrement terreux ou fumé. En bouche, finesse des tanins, élégance, bonne acidité, bel équilibre, longueur modérée. Vin racé, délicat, qui illustre bien le terroir de Beaune-Boucherottes — idéal comme premier rouge : gourmand, sans excès.

    Alter Ego de Château Palmer 2004 – Margaux (Rouge, Bordeaux)

    • Cépages / Région / Style : Rouge de Bordeaux Médoc (Margaux) — assemblage typique Merlot + Cabernet Sauvignon + éventuellement Cabernet Franc (selon le style du château). Le style « Alter Ego » souvent plus accessible et plus souple que le grand vin.
    • Vinification / Élevage : élevage en barriques, maturation en bouteille — pour un 2004 on arrive à un stade évolué, tanins assouplis, bois fondu, avec une belle maturité.
    • Âge / Potentiel : ~ 21 ans — vin mature, prêt à boire, avec un bon équilibre entre fruité, tertiary (notes évoluées) et structure. Peut encore se garder quelques années selon conservation.
    • Place dans l’appellation : Un vin de style Bordeaux Médoc « d’assemblage soigné » mais plus accessible qu’un grand cru classé – très approprié pour une dégustation variée, montrant le style bordelais bien structuré mais élégant.
    • Commentaire de dégustation (attendu) : nez sur cassis mûr, fruits noirs, cèdre, tabac, sous-bois, graphite. Bouche veloutée, tanins souples, équilibre entre fruit et maturité, structure médiane, belle longueur. Vin harmonieux, plaisant, raffiné — excellent après un Bourgogne pour monter en densité et en solubilité.

    Châteauneuf‑du‑Pape “La Papesse” 2016 – Xavier Vignon (Rouge, Rhône Sud)

    • Cépage / Appellation / Terroir : 100 % Grenache — AOP Châteauneuf‑du‑Pape. Terroirs souvent de galets roulés, parfois mélangés à de l’argile — typiques de l’appellation, apportant chaleur, drainage, maturité optimale.
    • Vinification / Élevage : vendanges manuelles, vinification en cuves tronconiques, cuve béton et inox ; élevage pluriel (amphores, demi-muids/fûts, cuves béton) selon le producteur.
    • Âge / Potentiel : 2016 — vin d’environ 9 ans, encore jeune pour ce style, avec un potentiel de garde de 15 à 20 ans (voire plus selon conditions).
    • Place dans l’appellation : Dans la gamme « Arcanes » du vigneron, c’est un très beau vin de terroir, ambitieux, plein — une interprétation contemporaine du Châteauneuf, dans une version mono-cépage Grenache, concentrée, expressive.
    • Commentaire de dégustation : robe sombre, nez puissant et complexe : cerises noires, prunes, fruits bleus, lavande, herbes de Provence, épices sèches, cèdre, cuir. Bouche généreuse, tanins fins et soyeux, structure ample, impression de volume et d’harmonie, finale longue, élégante, légèrement épicée et réglissée. Vin riche, méditerranéen, intense mais raffiné — un superbe final pour votre dégustation, qui conclut avec puissance, concentration et complexité.

    Big up à Pierre en très grande forme qui a identifié direct le 100 % grenache ! Merci à Anthony pour avoir partagé un vin surprise qui a bien plu à tout le monde. Merci à Clara pour les photos, dégustation après dégustation.

    Textes rédigés avec l’aide de Vinobot.

  • 🌿Dîner « 100 % locavore » LGB ft RRW, les accords mets & vins

    🌿Dîner « 100 % locavore » LGB ft RRW, les accords mets & vins

    En cette belle soirée automnale de novembre, Loïc de La Grande Bouche nous a concocté un menu locavore, une balade à travers les terroirs de Bordeaux, et une expérience gourmande tout en équilibre et en élégance.

    🥕 Entrée : Potage de légumes d’automne et écrevisses

    Un velouté de saison sublimé par la délicatesse des écrevisses.
    Accord : Château Cazebonne Blanc 2019 – Graves
    L’élégance du Sauvignon et la rondeur du Sémillon équilibrent la douceur du potage et révèlent la finesse des écrevisses.
    (Servi à 10–11 °C)

    🦆 Plat principal : tourte “tout canard” – confit et foie gras

    Une tourte généreuse et fondante, hommage à la richesse du Sud-Ouest.
    Accord : Château Moulin de la Roquille 2018 – Côtes de Francs
    Les tanins soyeux du Merlot et les notes de fruits mûrs s’accordent parfaitement à la puissance du canard et la gourmandise du foie gras.
    (Carafé une heure avant, servi à 16–17 °C)

    🍐 Dessert : poire “feuille à feuille” – pâte beurrée et sucre caramélisé

    La légèreté feuilletée rencontre la douceur de la poire fondante.
    Accord : Jurançon, domaine Bru-Baché 2022
    Sa sucrosité légère et sa belle acidité va soutenir le dessert, qui sera sublimé par la finale zestée – amère.
    (Servi bien frais à 8 °C)

    La Grande Bouche, un écrin pour cuisiner

    C’est probablement un très mauvais titre car je suppose qu’on ne cuisine pas dans un écrin (à bijoux, typiquement). Depuis 2021 ces rendez-vous semi-annuels sont devenus incontournables. C’est essentiellement lié à Loïc Fromentin, qui dirige son établissement et les groupes qui fréquentent La Grande Bouche d’une main de maître. Un grand merci et prochain rendez-vous au printemps 2026 pour la dixième édition de ces dîners plus que parfaits !

    Les précédents dîners à La Grande Bouche

  • LGB ft RRW locavore : la galerie photos!

    LGB ft RRW locavore : la galerie photos!

    Ce 9ème dîner œnologique à La Grande Bouche a tenu toutes ses promesses. Des retrouvailles joyeuses et savoureuses autour d’un dîner de chef concocté par l’ami Loïc Fromentin. En route pour la dixième édition !

  • Octobre 25 : verticale de Château d’Aiguilhe

    Octobre 25 : verticale de Château d’Aiguilhe

    L’exercice de la dégustation verticale est un grand classique en œnologie, pourtant il n’est pas si souvent pratiqué ! Révisions avec une excellente verticale d’une des meilleures propriétés de l’AOC Castillon Côtes de Bordeaux : château d’Aiguilhe.

    Une dégustation verticale consiste à comparer plusieurs millésimes d’un même vin, issus du même domaine, afin d’observer l’évolution du style, de la personnalité du terroir et de l’influence des conditions climatiques au fil des années. En cette soirée d’octobre, nous avons goûté Château d’Aiguilhe dans les millésimes 2020, 2017, 2016, 2015, 2014 et 2012 (liens vers les fiches techniques disponibles sur le site de la propriété).

    Présentation du domaine

    Château d’Aiguilhe est un domaine prestigieux de l’appellation Castillon-Côtes de Bordeaux, sur la rive droite de la Dordogne, à la limite des Côtes de Castillon et de Saint-Émilion. Le château appartient aux Comtes von Neipperg depuis 1998, déjà propriétaire d’autres domaines de renom comme Château Canon-La-Gaffelière, La Mondotte ou le Clos de l’Oratoire. Le domaine couvre environ 140 hectares au total, dont environ 90 hectares de vignes exploitées en production. Les cépages dominants pour les rouges sont le Merlot (≈ 80-90 %) et le Cabernet Franc (≈ 10-20 %). Il existe également un vin blanc dans le domaine, avec Sauvignon Blanc. Le sol est argilo-calcaire, avec un plateau calcaire (et des couches d’argile par-dessus) favorisant le drainage. L’exposition est généralement plein sud sur les coteaux, ce qui permet une bonne maturation.

    Les vins (rouges) sont dominés par le merlot, avec une proportion de cabernet franc. Ces vins tendent à combiner puissance, texture veloutée/gourmande, richesse fruitée (fruits noirs mûrs, parfois cerise, prune, voire prune noire), mais aussi une structure tannique assez marquée, souvent équilibrée par une belle acidité et une minéralité tirée du terroir calcaire. Un point de style : au fil des ans, l’élevage a évolué — réduction du bois neuf, élargissement des contenants (plus de grands fûts ou barriques de grand format), sorties de fermentation malolactique en fût moins systématiques, etc. Cela a permis de rendre les vins plus affinés, plus précis, souvent plus “ciselés” dans leur profil aromatique. Le style varie selon les millésimes : dans les années “plus chaudes”, plus de richesse, de maturité, parfois des notes plus opulentes de fruits mûrs et d’épices ; dans les années plus froides ou “tendance plus fraîche”, le domaine montre une capacité à préserver fraîcheur, finesse, tension aromatique. Ce contraste ressort bien dans les verticales.

    La verticale de Château d’Aiguilhe

    (commentaires boostés avec Vinobot)

    2020 – Château d’Aiguilhe (Grand Vin)

    Le 2020 incarne avec éclat la signature du domaine : belle expression du Merlot mûr, texture veloutée, tanins fins, et une fraîcheur qui révèle la minéralité calcaire du plateau. Le millésime, chaud mais équilibré, permet une richesse aromatique marquée tout en préservant densité, équilibre et potentiel de garde.

    2020 – Seigneurs d’Aiguilhe (Second Vin)

    Seigneurs d’Aiguilhe offre une version plus accessible de la maison : fruit plus immédiat, moindre concentration tannique, mais avec la même fraîcheur et la finesse de style du terroir. Le millésime 2020 lui donne une maturité plus marquée, une générosité dès l’attaque, ce qui le rend séduisant jeune mais aussi capable d’évoluer agréablement.

    2017 – Château d’Aiguilhe

    Le 2017 montre la trame classique du domaine : finesse des tanins, fruits noirs mêlés à des notes de sous-bois, d’épices, et une structure nette sans lourdeur. Le millésime plus frais/irrégulier que 2020 impose une plus grande retenue dans la maturité, ce qui favorise davantage la vivacité et les accents de fraîcheur, mais au prix d’une densité moindre.

    2016 – Château d’Aiguilhe

    Le 2016 illustre très bien la signature d’Aiguilhe : équilibre entre fruit profond (merlot riche), finesse de cabernet franc, précision aromatique, et sophistication de l’élevage (avec partie de bois neuf). Ce millésime, moins généreux qu’un 2020 ou 2015 mais plus structuré, met en avant la tension, la fraîcheur et la capacité de vieillissement du vin.

    2015 – Château d’Aiguilhe

    Dans ce millésime, la maison déploie sa signature la plus expressive : fruit très mûr, beaucoup de chair, tanins soyeux, richesse générale, tout en gardant une belle fraîcheur qui empêche le vin de paraître lourd. Le millésime 2015 est chaud et solaire, ce qui accentue la profondeur et l’opulence, offrant un vin à la fois puissant et charmeur.

    2014 – Château d’Aiguilhe

    Le 2014 montre la signature par la clarté du fruit rouge et noir, la finesse des tanins, et une touche minérale/graphite qui évoque le terroir, avec une élégance très perceptible. Ce millésime un peu plus frais que 2015 permet d’exprimer une plus grande tension, une structure plus droite, ce qui donne une très belle buvabilité déjà tout en offrant du potentiel pour l’avenir.

    2012 – Château d’Aiguilhe

    Le 2012 apporte une version plus mature de la signature du domaine : fruit noir plus discret, notes évoluées (terre, sous-bois), tanins plus fondus, texture plus douce mais encore structurée. Ce millésime, moins solaire que les récents, met en lumière la capacité d’évolution d’Aiguilhe : plus de complexité, d’arômes tertiaires, et une harmonie déjà perceptible entre fruit, bois et terroir.

    La galerie photos

    Pour aller plus loin : précédentes verticales du club Red Red Wine

  • Juin 2025 : Jury de dégustation

    Juin 2025 : Jury de dégustation

    L’ultime dégustation de la saison est consacrée à l’exercice du Jury de dégustation. C’est désormais un classique ces dernières années. Pour cette année, c’est la propriété de Château Bois-Malot qui s’est prêtée à l’exercice !

    L’art de la dégustation est délicat, surtout lorsque les vins à comparer sont proches – en millésime, en appellation ou en assemblage de cépages. Le groupe d’abonné-e-s du club Red Red Wine se sont prêtés à cet exercice avec les différentes cuvées du Château Bois-Malot (Bordeaux Supérieur). Trois cuvées sur quatre millésimes (2020, 2019, 2018, 2016), soit douze vins à comparer, sous le regard attentif de Flavie Jeuffroy Palluel, quatrième génération de la propriété familiale et responsable marketing du domaine. Merci à elle pour sa confiance !

    ❤️Big up à Fred, ami et fidèle abonné depuis les tous débuts du club, qui quitte le département pour de nouvelles aventures ! Belle vie et longue route ami !

    Les précédentes dégustation de Jury