Déconfinement ! La reprise du club de dégustation s’est tenue jeudi 20 juin 2021 avec une superbe verticale de Château Reignac. De 2018 à 2013, les millésimes se sont laissés goûter dans une ambiance studieuse et décontractée. Débrief en images.
La réputation du Château Reignac précédait sa dégustation : ses résultats flamboyants en dégustation à l’aveugle propulsent l’étiquette comme l’égale des plus grands crus classés de Bordeaux. Mythe ou réalité ?
Nous n’avons pas eu la chance de pouvoir comparer Reignac à ses prestigieux aînés, Petrus, Margaux ou Laffitte-Rothschild. Cependant la verticale laisse apparaître la dégustation d’un véritable terroir avec une identité gustative claire qui transparaît au fil des millésimes : un soyeux en attaque, des tanins fins, une finale longue marquée sur les épices et les notes boisées.
Au nez, nous retrouvons sur chaque millésime des notes variés de fruits mûrs, signe d’une récolte des raisins à maturité (majorité de merlot dans l’assemblage), mais aussi de bois de mieux en mieux fondus avec le temps, liés à un élevage long en barriques.
Au final, le groupe d’une douzaine de dégustatrices et dégustateurs a porté ses coups de cœur sur les millésimes 2014 et 2015, déjà très accessibles et délicieux – il faut le dire ! A titre personnel, j’ai particulièrement apprécié le potentiel des millésimes 2016 et 2018, à laisser patiemment grandir en cave une dizaine d’années encore.
Merci au Château Reignac pour sa généreuse dotation !
Prochaines dégustations :
jeudi 3 juin : sauvignon blanc (ouverte à tous sur réservation)
mercredi 9 juin : vins blancs d’Alsace (abonnés + quelques places ouvertes sur réservation !)
Vues de Bordeaux, les appellations Pic Saint-Loup, Côteaux du Languedoc ou Terrasses du Larzac peuvent sembler exotiques. Quel plaisir de goûter des assemblages de syrah, grenache et mourvèdre ! Pour faire connaissance avec cette région située au nord de Montpellier (Hérault), nous avons goûté six vins de la famille Clavel, référente dans la région.
Coteaux du Languedoc
Cascaille 2018 : un medley de sept cépages blancs du sud de France. On y retrouve grenache blanc, roussanne, marsanne, vermentino, viognier, clairette et bourboulenc. La robe est verte, reflets gris, nette et très brillante. Au nez, nous identifions de la poire, de la pomme, des notes balsamiques (caramel) mai aussi une fraîcheur menthée et des notes anisées. A la dégustation, nous avons ici un vin blanc très bien fait : frais, soutenu par une bonne trame acide et un bel équilibre au final, avec de la fraîcheur, une légère sucrosité gourmande.
Les Garrigues 2019 : assemblage de syrah et grenache offrant un vin pourpre intense aux reflets violacés, Les Garrigues offrent au nez des touches de fruits noirs et rouges mûrs, de violette, d’herbes de Provence (garrigue, d’où le nom héhé). En bouche, on retrouve une fraîcheur minérale, une trame tanique fine qui confère au vin un croquant et un charme que la finale sur la fraise prolonge.
Le Mas 2019 : un vin de copains, assemblage de syrah, mourvèdre et carignan. Un vin simple, un vin « glou glou » qu’on aime faire découvrir. Franc, net, rond, des fruits mûrs, du soleil.
Pic Saint-Loup
Bonne Pioche 2018 : à l’œil, on voit tout de suite que la robe rubis est profonde, brillante. Sur un assemblage proche de celui du Mas, l’aromatique est complexe avec l’apparition d’un bouquet mêlant cassis, poivre, anis, notes florales… En bouche, l’attaque est ample, la mâche soyeuse, délicate grâce à ces notes minérales, avec un trait d’amertume en finale. Bien sûr, ce vin mérite encore quelques années de bouteille pour s’apprécier dans toute sa complexité. La bonne pioche de la soirée à coup sûr.
Des Clous 2016 : c’est la grande cuvée du domaine, de celles qui donnent à l’AOC Pic Saint-Loup ses lettres de noblesse. Elle n’est produite que dans les grandes années en syrah et grenache et élevée 24 mois en foudre. Robe pourpre, brillante, intense et profonde. Au nez, nous avons un bouquet aromatique superbe : notes florales, fruits noirs et rouges, thym et badiane, trait de vanille et réglisse… Mais c’est en bouche que ce vin est immense, délicat, velouté, frais, d’une grande longueur et doté d’un équilibre qui nous invite à revenir le goûter dans dix ou vingt ans.
Copa Santa
Hit du Domaine Clavel depuis 1992, Copa Santa est un assemblage de syrah et grenache. Dégusté dans le millésime 2017, le premier sur le terroir de Montpeyroux, ce vin offre une robe bordeaux brillante aux reflets rubis. Au nez, une composition complexe mêle l’exubérance des fruits mûrs réhaussée de notes d’herbes provençales (thym, romarin) et d’un trait de réglisse. En bouche, l’attaque est ample, le milieu de bouche est fin, avec des tanins délicats au toucher doux et une fraîcheur minérale. La finale est poivrée, épicée. Iconique.
Pour aller plus loin : la galerie photos de la séance de dégustation [à venir]et le site du Domaine Clavel.
Jeudi 13 février se tenait une nouvelle dégustation du Club #RedRedWine. Au menu ? La lecture des AOC communales de Côtes-du-Rhône par Xavier Vignon, certainement l’œnologue conseil le plus réputé de la région. Retour en commentaires sur ce beau moment.
Avant de commenter les 6 vins dégustés, quelques mots à propos de Xavier Vignon que l’on peut lire ici ou là : « l’un des œnologues les plus réputés de la région du Rhône. Il a travaillé comme consultant auprès de plus de 200 caves de la Vallée du Rhône et a acquis une réputation mondiale pour son expertise et sa collaboration sur les meilleurs vins de Châteauneuf-du-Pape. En 2002, il a commencé sa propre production, aujourd’hui reconnue pour des vins de qualité exceptionnelle avec un style de vins élégants et équilibrés, qui reflètent magnifiquement le terroir »… Finalement cette dégustation est aussi une grille de lecture du travail du viticulteur : recherche des bonnes maturités des raisins, extractions douces, passage modéré sous bois, pour laisser toute la place à l’expression du terroir…
Lirac, 2016
Robe brillante, couleur grenat, reflets violacés. Au nez, bombe de petits fruits rouges qui domine largement le bouquet, très gourmand. Attaque suave, chaleureuse. Vin asse horizontal, plein en bouche avec des tanins pas encore complètement fondus. Finale cerise.
Cairanne, 2015
Robe brillante, grenat, premiers reflets tuilés. Nez plus complexe, associant aux fruits rouges justes mûrs des notes épicées et une fraîcheur minérale. En bouche, nous goûtons un vin très droit, vertical, offrant une mâche aux tanins très fins. Finale sur les épices, poivre blanc. Belle surprise.
Rasteau, 2015
Vin grenat aux notes évoluées. Au nez, nous sentons un « masque » de phénols : cuir, sueur de cheval. Derrière le masque, des notes de fruits mûrs et d’épices. En bouche, la trame acide est insuffisamment soutenue, déséquilibrant le vin qui paraît alors plus amer en finale.
Vacqueyras, 2015
Le groupe de dégustation devient fébrile, comme le peloton à l’approche des premiers grands cols. Robe brillante, notes d’évolution. Nez poudré avec une belle fraîcheur menthée. Bouquet riche : fruits rouges frais, épices délicats. En bouche, l’attaque est fine. Tanins très fins, trame salivante. Un vin équilibré avec une finale assez longue sur des notes garrigue.
Gigondas, 2015
Déjà identifié lors de la dégustation à Beaumes de Venise, le « caractère oxydatif » des grenaches a viré à l’oxydation. Une déception face à la vibrante impatience du groupe, mais la note aromatique de ce défaut est enregistrée par chaque dégustateur-trice.
Châteauneuf-du-Pape 2015
Ici nous avons un nez très riche, un bouquet garni d’une infinité de facettes, qui dessinent par touches délicates un grand vin. En bouche, nous avons un excellent équilibre, une mâche très précise et des tanins fins. La finale est longue, fraîche. Un délicieux moment.
Encore une très belle session #RedRedWine jeudi 13 février ! Merci encore à Xavier Vignon pour son généreux soutien à notre club d’œnologie et cette découverte des AOC de Côtes-du-Rhône méridionale. Retrouvez les commentaires de dégustation sur cette page.
Cette session, réalisée en partenariat avec le Domaine de Chevalier, propriétaire et exploitant des vignes de Clos des Lunes, a permis aux 22 personnes présentes jeudi soir (un record !) de déguster 6 millésimes de « Lune d’Argent », la cuvée haut de gamme de ce blanc sec de Bordeaux.
Quelle chance de goûter ce vin ! Marqué par son équilibre et sa précision, Lune d’Argent est composée de sémillon (70%) et de sauvignon blanc (30%) issu des meilleures parcelles du domaine de 70 hectares situé dans le sauternais, au sud de Bordeaux.
Chaque millésime, dégusté du plus jeune au plus ancien de 2018 à 2013, a offert une remarquable addition de fraîcheur, de raffinement, d’intensité et de richesse.
Clos des Lunes / Lune d’Argent 2018 : robe vert pâle, reflets verts. Au nez, marqué par des arômes de fruits frais croquants (pomme verte), notes vertes. En bouche, une attaque vive et une fraîcheur acidulée offrent un vin droit en milieu de bouche, et une finale sur des notes de torréfaction.
Lune d’Argent 2017 : robe pâle étincelante et reflets verts. Le vin offre un nez d’une grande fraîcheur, dominé par les fruits blancs justes mûrs cueillis le matin : pêche blanche, pêche de vigne, et soutenu par un bouquet aromatique déjà complexe : notes florales (tilleul) et agrumes notamment. En bouche, une attaque vive avec une trame acidulée pleine, riche, précèdent un finale zestée, pamplemousse. Un vin fin, d’une grande précision !
Lune d’Argent 2016 : robe jaune pâle brillante, reflets verts, signe d’une remarquable vinification protégée de tout contact avec l’oxygène. Le nez est riche, dominé sur ce 2016 par des notes exotiques – litchi, fruits jaunes, agrumes – mandarine. A la dégustation, nous identifions surtout les marqueurs du sémillon : toucher de bouche velouté, grande amplitude du vin. La finale est zestée, de sensation plus amère car la trame acide semblait moins présente.
Lune d’Argent 2015 : ici le vin nous offre une robe jaune pâle, aux tout premiers reflets dorés. Au nez, nous retrouvons des signes d’un millésime solaire : fruits mûrs, légèrement compotés : pêche, abricot, notes gourmandes de brioche, cacao, café. En bouche, nous avons un bel équilibre en l’acidité et l’amertume de la finale, avec une rétro-olfaction réglissée. A déguster dans l’année.
Lune d’Argent 2014 : robe jaune pâle, reflets verts. « Le nez dans le grille-pain » notent certains participants, et en effet le nez est dominé par les notes toastées, grillées, torréfiées, mais également des touches balsamiques : beurre, brioche. Une attaque gourmande, un milieu de bouche riche et une finale avec une amertume zestée. Une belle réussite.
Lune d’Argent 2013 : encore une robe d’une belle jeunesse, jaune pâle et brillante. Au nez, les arômes sont d’abord masqués par un caractère réducteur du vin sur les 2 échantillons. Après une énergique aération se dévoilent des arômes d’agrumes – citron, citron vert – de pain grillé, de fruits blancs. La bouche est marquée une nouvelle fois par le bel équilibre entre sémillon et sauvignon, avec une attaque vive et une grande générosité du milieu de bouche. Un vin riche et lumineux.
Cette dégustation rare fut source d’enseignements pour tous les participants : identifier les arômes, trouver les mots pour exprimer ses sensations, acquérir le vocabulaire de dégustation sur les vins blancs, découvrir dans le vin l’expression du terroir, des cépages, du vinificateur et du climat de l’année… L’exercice final fut de désigner son vin préféré parmi les 6 dégustés, et chaque millésime a eu les faveurs de plusieurs d’entre nous !
Merci au Domaine de Chevalier pour sa généreuse participation, à Madame Sylvie Noury et Decio Coutinho, camarade du DUAD. Merci à la boulangerie Le Pain de Tranchoir pour les gourmandises d’après-dégustation. Enfin, merci à Claire pour la séance photo ❤
Prochaine dégustation ouverte le jeudi 14 novembre, sur le thème du « cépage malbec, de Cahors au bout du monde ». Une dégustation « Apéro Bordeaux » destinée uniquement aux abonnés se tiendra entre-temps le jeudi 31 octobre.