Étiquette : moulis en Médoc

  • Primeurs 2025 : comment j’ai construit ma cave avec 1 000 € et une méthode ratio prix/note

    Primeurs 2025 : comment j’ai construit ma cave avec 1 000 € et une méthode ratio prix/note

    Récit d’une campagne Primeurs 2025 très intéressante, de la première sortie au dernier arbitrage. Et ma sélection finale, appellation par appellation.

    Chaque printemps, la place de Bordeaux joue sa partition : les châteaux dévoilent tour à tour leurs prix, la presse spécialisée publie ses notes, et l’amateur doit décider où placer son budget avant que les meilleures affaires ne partent. Avec plus de 10 campagnes de Primeurs d’expérience, cette année, je me suis fixé une règle simple : un budget de 1000 € TTC, et une méthode pour trancher sans me laisser griser par les étiquettes prestigieuses.

    Voici le cheminement, sans filtre, et la cave 2025 qui en est sortie.

    La méthode : un ratio pour objectiver l’émotion

    Acheter en primeur, c’est parier (et payer) aujourd’hui sur un vin qu’on ne boira que dans plusieurs années, sur la foi de dégustations de barriques encore en élevage. Le risque de se laisser emporter par un grand nom est réel. Pour garder la tête froide, j’ai appliqué à chaque sortie un ratio prix/note :

    Ratio = note moyenne des dégustateurs ÷ prix HT × 100

    Plus le chiffre est élevé, meilleur est le rapport entre la qualité annoncée et le prix demandé. Un vin noté 95 à 20 € HT (ratio 475) offre, sur le papier, un bien meilleur retour qu’un vin noté 98 à 100 € HT (ratio 98). Cela ne veut pas dire que le second est un mauvais achat (la rareté et le potentiel de garde ont leur valeur) mais le ratio met tout le monde sur la même ligne de départ et fait ressortir les pépites qu’on aurait tendance à négliger.

    Pour affiner cette méthodologie et modéliser mes scénarios de budget au fil des sorties, je me suis appuyé sur mon fidèle partenaire Claude, l’assistant IA d’Anthropic, un binôme précieux pour croiser les chiffres et m’aider à arbitrer les achats.

    Le déroulé de la campagne

    Première moitié : poser les fondations

    Les premières sorties ont vite fait apparaître quelques évidences. Château Poujeaux (Moulis-en-Médoc), à 18 € HT pour une note de 93-95, s’est imposé comme le meilleur ratio de toute la campagne. Un Moulis d’une régularité exemplaire, salué par James Suckling, Alexandre Ma et Vinous. Impossible de passer à côté.

    Dans le même mouvement, Château de Ferrand (Saint-Émilion Grand Cru) est sorti à 27,30 € HT avec des notes de 95-96 chez Alexandre Ma et Decanter. Un grand cru classé à prix contenu, dans un millésime où la rive droite brille sur les plateaux calcaires.

    J’ai complété cette première vague avec deux crus classés à la structure plus fine : Château Malartic-Lagravière (Pessac-Léognan) et Château du Tertre (Margaux, 96-97 chez Suckling), pour apporter de l’élégance et diversifier les terroirs.

    Seconde moitié : arbitrer et boucler

    À mi-parcours, j’avais déjà engagé une bonne moitié du budget. Restait à choisir les dernières pièces. Deux vins me faisaient de l’œil pour compléter :

    Château Gruaud-Larose (Saint-Julien, 2ème Grand Cru Classé), noté 96-98 par Alexandre Ma. Un achat plaisir autant qu’un vin de garde — et le château propose la gravure d’un mot personnalisé sur les grands formats, un joli clin d’œil pour une bouteille anniversaire.

    Château Moulin Saint-Georges (Saint-Émilion Grand Cru), à 23 € HT pour 95-96 chez Suckling. C’est le coup de cœur de la campagne : propriété de la famille Vauthier (Château Ausone) située sur les versants nord-ouest juste en face du mythique Premier Grand Cru. Terre de Vins en donne une description qui résume parfaitement son intérêt : un vin « soyeux, précis, taillé pour la garde », à ouvrir à partir de 2029. Ratio remarquable et filiation prestigieuse : difficile de résister.

    Le dernier arbitrage s’est joué entre ces deux-là et deux autres pépites repérées en fin de campagne : Clos de l’Oratoire et Château Haut-Bages Libéral. Le budget ne permettait pas tout : les trois cumulés dépassaient les 400 € restants d’une centaine d’euros. J’ai finalement tranché en faveur de Haut-Bages Libéral (Pauillac, 5ème Grand Cru Classé, 96-97 chez Suckling et Decanter à seulement 30 € HT), la vraie trouvaille de la campagne à ce niveau de prix, en écartant Clos de l’Oratoire pour éviter un doublon d’appellation avec Moulin Saint-Georges.

    Le tableau des meilleurs ratios prix/note

    Voici, classés par ratio décroissant, les vins qui ont structuré ma réflexion. Les ⭐ marquent ceux que j’ai finalement achetés.

    ChâteauAppellationNotePrix HTRatioAchat
    Château PotensacMédoc94-9517,60 €537
    Château PoujeauxMoulis-en-Médoc93-9518,00 €522
    Château Les Ormes de PezSaint-Estèphe94-9519,60 €482
    Château FombraugeSaint-Émilion GC93-9420,65 €453
    Château La Tour-CarnetHaut-Médoc 5e GCC94-9521,20 €446
    Château MeyneySaint-Estèphe94-9522,40 €422
    Château Moulin Saint-GeorgesSaint-Émilion GC95-9623,00 €415
    Château Chasse-SpleenMoulis-en-Médoc93-9422,90 €408
    Château PédesclauxSaint-Estèphe 5e GCC95-9625,20 €379
    Château Prieuré-LichineMargaux 4e GCC95-9625,20 €379
    Château de FerrandSaint-Émilion GC95-9627,30 €355
    Château Haut-Bages LibéralPauillac 5e GCC96-9730,00 €322
    Château Malartic-LagravièrePessac-Léognan CC95-9632,25 €296
    Château du TertreMargaux 5e GCC96-9733,00 €292
    Château Gruaud-LaroseSaint-Julien 2e GCC96-9850,40 €193
    Notes = moyenne des fourchettes des principaux dégustateurs (James Suckling, Alexandre Ma, Decanter, Vinous, Jean-Marc Quarin selon disponibilité). Le ratio favorise mécaniquement les vins abordables : un Gruaud-Larose à 193 reste un choix pleinement assumé, motivé par le prestige et la garde plutôt que par le seul rapport qualité/prix.

    Pour retrouver l’intégralité des notes de la campagne Primeurs 2025 à Bordeaux, je vous renvoie au dossier de référence de Terre de Vins. Nous n’avons pas repris leurs notes dans notre tableau, mais leur travail de dégustation reste une des boussoles possibles pour affiner ses propres choix.

    La cave 2025 : le résultat final

    31 bouteilles, 943,66 € TTC, sept appellations représentées.

    ChâteauAppellationFormatBouteilles
    Château de FerrandSaint-Émilion Grand CruCB66
    Château Moulin Saint-GeorgesSaint-Émilion Grand CruCB66
    Château PoujeauxMoulis-en-MédocCB33
    Château du TertreMargaux 5e GCCCB33
    Château Malartic-LagravièrePessac-Léognan Cru ClasséCB33
    Château Haut-Bages LibéralPauillac 5e GCCCB33
    Château Gruaud-LaroseSaint-Julien 2e GCC1 btle1
    Vieux Château Saint-AndréMontagne-Saint-ÉmilionCarton6

    Le résultat me satisfait avec des vins que je goûte et que j’adore depuis longtemps : deux Saint-Émilion de caractère dont un Vauthier, un Pauillac d’exception, un Pessac-Léognan et un Margaux classés, une bouteille de prestige avec Gruaud-Larose, et un vin convivial (et un peu secret : Vieux Château Saint-André) pour les tablées du quotidien. Le tout en restant sous le budget, avec une cohérence de terroirs et un ratio moyen élevé.

    Les regrets (assumés)

    Aucune campagne ne se boucle sans laisser quelques belles étiquettes sur le carreau. Trois noms me restent en tête pour l’an prochain :

    • Château Potensac (Médoc, 17,60 € HT) — le meilleur ratio de tout le catalogue, un Médoc d’une régularité qui force le respect.
    • Château Les Ormes de Pez (Saint-Estèphe, 19,60 € HT) — dans la galaxie Lynch-Bages, une fiabilité exemplaire à prix doux.
    • Château Meyney (Saint-Estèphe, 22,40 € HT) — souvent la meilleure affaire de son appellation.

    Et bien sûr, tout le haut du panier restait hors de mon budget cette année : Beauséjour-Bécot, Figeac, La Conseillante, Vieux Château Certan, Margaux, Haut-Brion, Pétrus… Ce sera pour une autre campagne, ou une autre vie.

    En résumé

    La méthode ratio prix/note n’a rien de magique : elle ne remplace ni le palais ni l’expérience. Mais elle offre un garde-fou précieux dans le tourbillon des primeurs, où l’émotion et la peur de manquer poussent facilement à la faute. En 2025, elle m’a permis de construire une cave cohérente, diversifiée et raisonnée, sans dépasser l’enveloppe fixée.

    À vos calculatrices pour la prochaine campagne.

    Précision : cet article reflète mes choix personnels d’amateur et ne constitue pas un conseil en investissement. Les notes citées sont issues des principaux dégustateurs professionnels ; pour le détail complet, consultez le dossier de Terre de Vins lié plus haut.

  • Dîner épicé et bissextile à La Grande Bouche

    Dîner épicé et bissextile à La Grande Bouche

    Nouveau moment de grâce – délicieuse habitude – à La Grande Bouche, avec un dîner et des accords mets et vins sur le thème de épices le 29 février dernier.

    Côté food, des épices à tous les plats, en partenariat avec Sacré Français, importateur bordelais d’épices soigneusement sélectionnées. Côté beverages, une ribambelle de vins pour s’accorder avec chaque séquence du dîner, avec la petite contrainte de ne choisir que des millésimes bissextiles – dîner un 29 février oblige ! Enfin côté attendants, un florilège d’ami-e-s et d’amatrices et d’amateurs d’accords mets & vins.

    Retour sur les accords mets et vins autour des épices

    • Entrée : tatin de navet boule d’or, pickles de navet marteau, orange, curcuma, romarin, grué de cacao /// champagne 1er Cru Clos de la Chapelle & Crémant de Bordeaux Louis Vallon
    • Plat : Bar de ligne en papillote, flan de butternut au combava, riz cardamome /// Las Boishas, Saint-Martin 2020 (Jurançon)
    • Fromage : Saint-Maur en feuille de brick, poivre voatsiperifery // Les Ondines, Domaine des Trottières 2020 (Coteaux du Layon)
    • Dessert : fondant au chocolat chantilly au poivre de cubeb /// Château Branas Grand Poujeaux 2012 (Moulis)

    Sélection de photos de la soirée

    Les précédents dîners à La Grande Bouche

  • Vin et chocolat : un accord délicieux et délicat

    Vin et chocolat : un accord délicieux et délicat

    Le 9 juin, les abonné-e-s du club d’oenologie de la Zone à Partager se retrouvaient pour goûter des accords vins et chocolats. Ceux-ci provenaient de la chocolaterie Saunion à Bordeaux. Report d’un moment gourmand.

    Château Poujeaux 2014, Moulis en Médoc

    • Chocolat de Saint-Domingue 70%
    • Ganache chocolat Cameroun 72%

    Chocolat et vin rouge, l’accord impossible ? Faux avec ces deux accords qui ont convaincu l’assemblée ! La sucrosité résiduelle de ces deux chocolats apportent du volume et de la douceur à ce très beau Moulis – valeur sûre de l’appellation !

    Domaine de Mongilet 2018, Anjou

    • Chocolat de Sao Tomé 70%
    • Pâte d’amande compotée pistache et orange confite

    Ce 100% chenin sur schiste offre une belle minéralité et une jolie longueur. Le chocolat de Sao Tomé propose un équilibre sur des notes citronnées et fruits rouge, et le pairing renforce à la fois le vin et le chocolat. La pâte d’amande en revanche s’avère décevante, et le groupe décide d’en conserver une partie pour les vins suivants.

    Château Monbazillac 2000, Monbazillac

    • Chocolat Brésil / Vénézuela / Ghana 85%
    • Ganache fève de tonka du Pérou

    Deux accords magnifiques avec le délicieux 85% – très largement le plus apprécié. La très belle matière et longueur de ce chocolat apporte de la profondeur et élargit la palette aromatique de ce Monbazillac. Le vin est ici enrichi par les chocolats grâce à l’amertume et les aromatiques empyreumatiques et fruits noirs.

    Pineau des Charentes

    • Chocolat du Pérou 65%
    • Monferato : ganache praliné-noisette

    Deux superbes chocolats ici dont l’accord avec le pineau n’a pas apporté l’effet recherché. En revanche, le chocolat à la pâte d’amande pistache-orange s’est révélé sublime en pairing pour les gourmands qui avaient su en garder un morceau pour ce dernier vin !

    Cette dégustation avec la chocolaterie Saunion avait été testée il y a quelques semaines au sein du Duad’s Club et a largement inspiré cette soirée.

    La galerie photo

    D’autres dégustations à parcourir :

  • Reporting photos : Médoc, et caetera

    Reporting photos : Médoc, et caetera

    Après deux années à parler de « vaccin », il était temps de laisser la place au médoc. Pas le médicament, mais le Médoc, le vrai ! Jeudi 10 mars, les abonnés se sont retrouvés pour un tour des AOC qui comportent le nom « Médoc ».

    Sept vins au menu de cette dégustation, avec plusieurs vins goûtés dans des millésimes considérés comme excellents ou exceptionnels (2009, 2010). Résultat : quelques très belles surprises parmi ces vins !

    On notera que le Château Lamothe-Bergeron 2010 (Haut-Médoc, Cru Bourgeois) a ébloui les dégustateurs et dégustatrices de cet événement grâce à un bouquet aromatique délicat et complexe, une attaque fine et un bon équilibre en bouche. Mention Bien également pour deux Médoc : Château Saint-Hilaire 2009 et Château Tour Haut-Caussan 2010 ainsi que pour Château Vieux Moulin (Listrac Médoc) goûté sur le millésime 2010.

    Retrouvez le programme à venir et les dernières dégustations: